
Le mardi 28 avril 2026, les eurodéputés ont adopté à très large majorité la première grande réglementation européenne consacrée spécifiquement à la protection des chiens et des chats. Parmi les mesures figure notamment l’interdiction des élevages de chiens et chats dits « hyper types ».
Si la loi est définitivement appliquée telle quelle :
On observe déjà cette tendance dans plusieurs pays européens comme les Pays-Bas, la Norvège, l’Allemagne, où des restrictions existent déjà sur certaines reproductions brachycéphales, mais pas en France.
Mais qu’est-ce que l’hyper type chez les animaux ?
L’hyper type chez les chiens et les chats désigne une exagération excessive de certains traits physiques (nez écrasé, peau extrêmement plissée, dos très long, boîte crânienne déformée…), sélectionnés par l’élevage, au point que cela peut nuire à la santé physique et comportementale ou au bien-être de l’animal.
L’Union européenne interdit donc de croiser des animaux entre eux dans le but d’obtenir des caractères physiques exagérés, entraînant souffrances, maladies et morts précoces.
Quelles en sont les conséquences ?
Les chiens (Bouledogue français, Carlin, Bulldog anglais, Epagneul, King Charles, Shih-Tzu, Dogue de Bordeaux, Chow-Chow, Shar-Pei, entres autres) et les chats (Persan, British Shorthair, Exotic Shorthair, Scottish Fold…) dits « brachycéphales » (face aplatie) en sont les premiers exemples.
Ces chiens et chats souffrent notamment de problèmes respiratoires (on peut noter des « râlements », des ronflements, ils supportent mal les fortes températures et sont donc plus sujets que d’autres au coup de chaleur). Ils souffrent aussi de problèmes cardiaques, et d’obésité parfois.
Ce ne sont pas les seuls. Les chiens d’apparence néoténique à l’instar du Cavalier King Charles, c’est-à-dire apparence juvénile, un peu comme avec une « bouille » d’éternel bébé. Cela est la conséquence de la réduction du volume de la boîte crânienne à l’origine de la Syringomyélie (maladie neurologique liée à l’étroitesse du crâne).
Les chiens de petite taille comme le Teckel et ceux chez qui on recherche des formes de nanisme (bassets…) rencontrent quant à eux des problèmes dorsaux (hernies).
Chercher à faire des chiens toujours plus petits (Yorkshire terrier, chihuahua) n’est pas sans conséquence sur leur santé.
A cela s’ajoutent, selon les races, des problèmes cutanées, digestifs, oculaires, une impossibilité de reproduction naturelle (césarienne), scoliose…
Il n’y a pas que le physique des animaux hyper typés qui est impacté. Des troubles du comportement peuvent aussi se faire jour : irritabilité, anxiété, agressivité au toucher, réactions agressives liées à l’inconfort, fatigue excessive, difficulté à gérer la frustration…
Et vis-à-vis des congénères : refus de jouer, isolement, baisse des interactions sociales, incompréhensions et conflits entre chiens, peur sociale, réactivité accrue…
Toutes ces pathologies physiques « entraînent des traitements médicaux à vie ou des corrections chirurgicales parfois complexes », souligne l’AFVAC qui ne sont pas systématiquement pris en charge par les assurances.
Peut-on parler de maltraitance ?
OUI, en 2018, déjà, l’Académie vétérinaire de France émettait un avis sur la nécessité de renforcer la prévention et la lutte contre les “hyper types” canins. Selon cette dernière, l’exagération de certains traits physiques, source de douleurs, peut être assimilée à des « maltraitances programmées ».
Et dans la pratique cette reglementation change quoi ?
Pas grand chose, cette nouvelle mesure sur l’interdiction des hyper types est difficile à mettre en œuvre. Il y a déjà plein de lois contre la maltraitance animale et pourtant rien n’est fait.
En réalité, ces croisements continueront tant qu’il existera une demande et un intérêt financier : c’est la logique de l’offre et de la demande. Il est donc essentiel de renforcer la prévention et l’information auprès des particuliers, car le sujet reste encore largement méconnu.
NB : avant d’entrer en vigueur, le texte législatif doit maintenant être adopté par le Conseil Européen.
Ensuite, ce sera à la FCI (Fédération Cynologique Internationale) et à ses clubs de race de faire évoluer l’ensemble des standards de races et de former ses juges à ceux-ci.
Reste aux éleveurs et aux particuliers qui souhaitent adopter à comprendre une chose : pour être beaux, les animaux n’ont pas besoin de souffrir.